Sélection finale en français

Cie Moost / Marc Oosterhoff

Promises of Uncertainty

À la fois innocent et curieux de tout, Marc Oosterhoff trouve son point d’équilibre entre les antagonismes avec lesquels il joue : tension et détente, goût du risque et prudence, humour et sérieux, hasard et calcul, improvisation et contrôle. Il s’intéresse à l’empathie partagée entre le public et le performeur, ce numéro d’équilibriste à la fois ludique et incertain, où la réussite et l’échec peuvent tous deux être au rendez-vous. Dans son deuxième solo, Promises of Uncertainty, il incarne un explorateur naïf dans un monde régi par ses propres lois, sur un fond de sons cosmiques joués en direct par Raphael Raccuia. Tout en manipulant les fils du destin, il repousse les lois de l’équilibre dans une pièce qui flirte avec l’ivresse vertigineuse que provoque le risque. Une performance transdisciplinaire à mi-chemin entre physical dance et cirque.

 

Formé à l’Académie Dimitri et à la Manufacture à Lausanne, Marc Oosterhoff pratique également le parkour et les arts martiaux. Sa recherche artistique se situe entre la danse, le théâtre, le cirque contemporain et la performance. Son premier solo, Take Care of Yourself, a remporté deux prix et est encore présenté en tournées. Par ailleurs, il a créé deux pièces en extérieur avec Cédric Gagneur. Promises of Uncertainty a vu le jour en 2019, alors qu’il était Young Associated Artist à la Kaserne Basel. Son prochain projet, Lab Rats, a eu sa première en mars 2021, au Théâtre Sévelin 36 à Lausanne.

 

 

Cie des Marmots & Collectif Ouinch Ouinch

HAPPY HYPE

Le Hype Call est un concept d'encouragement présent dans la culture Krump, une danse née dans la banlieue de L.A. dans les années 90. Dans le Hype Call, les danseur.s.e.s encouragent l'un.e des leurs en lui criant dessus, en le poussant voir en le frappant pour que elle/lui rentre dans un état proche de la transe et s'exprime ainsi chargé.

HAPPY HYPE s'a inspiré et invente son propre Hype Call. La performance donne ainsi à naître, à vivre et à voir une transe puissante, une euphorie qui dépasse et révèle la force d’expression des corps. Au rythme effréné de musiques mixées en live par leur DJ Mulah‚ les danseur·se·s entraînent – avec le regard‚ les gestes ou la voix en onomatopées – le spectateur dans une danse universelle et utopique‚ faite de pas simples et rythmés. Libre au public de choisir comment plonger dans cette parade carnavalesque qui déborde et qui convoque avec le plus grand sérieux les profondeurs de la joie.

 

Formé.e.s respectivement en 2015 et en 2019‚ le Collectif Ouinch Ouinch et la Compagnie des Marmots sont né.e.s d’un coup de foudre amical entre des diplômé.e.s du Bachelor en danse contemporaine de La Manufacture de Lausanne. Partageant le même goût pour les danses folkloriques et urbaines, pour les corps extatiques et pour les dispositifs immersifs, ils ont déjà créé Mon Luga et Molecutrio.

 

Clara Delorme

L'albâtre

Blancheur et dénuement. Le solo d’un corps blanc sur fond blanc. Un corps qui habite le vide et les battements de sa peau. Un corps animal dont on ne sait s’il naît ou réalise son chant du cygne. Certains distingueront brièvement l’oiseau, l’insecte, le serpent, avec ce mouvement caractéristique de l’aile, de la pupille ou de la queue. D’autres verront au contraire une pièce de viande sur le plan de travail, tout en os, muscles et tendons. A la frontière de la chorégraphie et de la danse, L’albâtre est une performance claire et intense, un carré – plutôt qu’une bulle – hors du sol et du temps. Une partition de la respiration et de l’apnée, de l’immobilité et du silence, avec un corps qui se détache et s’éloigne du quotidien jusqu’à l’absurde.

 

Clara Delorme a été formée à la Cie Junior Le Marchepied à Lausanne. Après avoir rejoint les compagnies Alias, Yasmine Hugonnet, puis Mark Lorimer elle est aujourd’hui artiste associée au Théâtre Sévelin 36 pour les saisons 2019-2021. Sa prochaine pièce Malgrés, un duo avec le musicien et compositeur Christian Garcia-Gaucher, vient de gagner le premier prix Premio et sera présenté en mars 2021 au Festival Les Printemps de Sévelin dans le cadre du Parcours Commun.

Jeremy Nedd & Impilo Mapantsula

The Ecstatic

Pendant l'apartheid, la pantsula – danse gestuelle et expressive, faite de rythmes complexes et de jeux de pieds virtuoses – a émergé dans les municipalités d’Afrique du Sud avant de devenir par la suite une véritable sous-culture. Avec The Ecstatic, Jeremy Nedd et Impilo Mapantsula s’associent pour mêler la pantsula à une autre tradition dansée : le praise break – point culminant du service de l’église pentecôtiste afro-américaine où le corps, la voix et la musique s’unissent jusqu’à brouiller la frontière entre extase et catharsis. Que se passe-t-il lorsque l’esthétiques de ces deux mondes convergent ? Du rythme à la prière, six danseurs jouent de la virtuosité de leurs corps en croisant deux pratiques sociales et religieuses pour explorer les mouvements qui mènent à l’expérience extatique du praise break, et ainsi découvrir un nouvel espace qui leur est propre.

 

Jeremy Nedd est interprète et chorégraphe. Après plusieurs années sur la scène newyorkaise, il danse pour le Dresden Semperoper puis pour le Ballett Basel. Finaliste Premio 2017 et lauréat de la bourse Atelier Mondial, il a étudié « expanded theatre » à la haute école d’art de Berne. Sa collaboration avec l'organisation sud-africaine Impilo Mapantsula, qui se consacre à la promotion de la danse Pantsula, a vu le jour lors d'une résidence de Pro Helvetia.

KardiaK / Kiyan Khoshoie

Grand Écart

Avec Grand Écart, Kiyan Khoshoie s’inspire des codes du one man show, du stand up et de la performance pour créer un solo hybride à la croisée de la danse et du théâtre. Oscillant entre passion et désamour, Grand Écart questionne les limites de la pratique artistique : celles du corps, de la dévotion et du pouvoir. Le temps d'un long plan séquence théâtral aussi virtuose qu’hilarant, Kiyan Khoshoie décortique son lien à la profession. Plongée intime, étourdissante et pleine d’humour dans la vie d’un praticien de la scène, Grand Écart rappelle qu’un danseur est un travailleur comme un autre, confronté lui aussi aux difficultés du monde du travail. Crise de vocation délicieusement cabotine et envolée, on en redemande !

 

Danseur et performeur, Kiyan Khoshoie se forme à la Rotterdam Dance Academy. Il travaille pour des compagnies comme It Dansa Barcelone, Dansgroep Amsterdam, Scapino Ballet Rotterdam et Maas Theater and Dans. Il est également interprète et assistant pour la chorégraphe Suisse Tabea Martin. En 2018, il débute sa collaboration avec la comédienne Charlotte Dumartheray pour Grand Écart. Leur nouvelle création Kick Ball Change sera présentée en octobre 2022 au Grütli, Centre de production et de diffusion des Arts vivants. En 2021, il reçoit la bourse d’aide à la création de la ville de Genève pour sa recherche chorégraphique Never Ouh Yeah Baby!.

©_Gregory Batardon

La PP / Romane Peytavin & Pierre Piton

Farewell Body

La « vallée dérangeante » est un terme scientifique utilisé en robotique pour qualifier la réaction psychologique de rejet que peut éprouver un être humain en présence d’un androïde. Plus un corps bionique nous semble similaire, plus ses imperfections nous apparaissent monstrueuses. Farewell Body, première création chorégraphique de Romane Peytavin et Pierre Piton, tente de pénétrer cette vallée: une recherche corporelle qui exprime le naturel à travers la mécanique de l’artificiel, une métamorphose qui repense le corps comme une merveilleuse machine et provoque ce trouble, cette étrangeté qui nous ressemble.

 

Fondée en 2018, la compagnie lausannoise La PP est née de la collaboration artistique entre Romane Peytavin et Pierre Piton, tous deux diplômés du bachelor en danse contemporaine de La Manufacture de Lausanne. Les deux chorégraphes-interprètes ont été artistes associés à l’Abri de Genève pour la saison 2018-2019. Dans le cadre de cet échange, ils ont créé Dédicace, au Festival Antigel ainsi que Farewell Body, à l’Arsenic de Lausanne.

Faune_c_Colin StMary & Irédé Eve Oduntan

Neopost Foowfa / Foofwa d'Imobilité

FAUNE

En partie pièce-processus, spectacle, exposition vivante, FAUNE est une quête.

Est-ce que la terre qui a enseveli le Faune de Mallarmé, Debussy et Nijinsky aurait été

contaminée? Une extraction chorégraphique avec une sonde féministe, écologiste et

post-moderniste semble s’imposer.

FAUNE est un mouvement. Chercher notre « humanimalité ». Chercher le lien physique entre onanisme et onirisme. Insuffler à nouveau de la créativité pour incarner la force vitale. Libérer le désir pour l’exprimer pleinement. Chercher l’originel pour trouver l’original?

FAUNE est une déclaration. Que l’absence permette un moment de plaisir solitaire.

Que nos fétichismes deviennent des jeux joyeux. Passer par la chair et l’objet pour jouir du

monde.

FAUNE est un manifeste. Démocratiser les rôles! Que chacun·e puisse s’imaginer

Faune! Que chacun·e devienne nymphe! Que chacun·e se transforme en roseau musical!

 

Danseur au Stuttgart Ballet puis à la Merce Cunningham Company, primé à de multiples

occasions, Foofwa d’Imobilité fonde Neopost Foofwa en 2000 à Genève pour créer divers projets artistiques, dont la Dancewalk, aventure de 900 kilomètres dansés à travers le monde. Membre du jury des Swiss Dance Days 2021, Foofwa a reçu une carte blanche et créé FAUNE, manifeste pour la libre interprétation des oeuvres du passé.

*Melk Prod. / Marco Berrettini

Sorry, do the tour. Again!

Sorry, do the tour. Again! met en scène – sous la forme d’un délectable show glamour – un marathon de danse disco. S’inspirant librement du film Opening Night de John Cassavetes et des musiques qui ont bercées son adolescence, Marco Berrettini offre ici une pièce qui interroge la mémoire collective et le temps qui passe. Nimbé d’une douce lumière rose paillettes, c’est un véritable précis d’autodérision qui s’exécute : le défilé incessant, hypnotique, des interprètes numérotés qui endossent, tour à tour, différentes postures sexy renvoyant aux mythes collectifs et aux effigies des années 70 et 80. Entre la concurrence interne, le travail technique morne et routinier de la danse, le décor, l’image de soi, les rêves, les attentes, c’est un hyper-réalisme radical et jubilatoire qui se déhanche et se déploie dans tous les sens.

 

Danseur et chorégraphe, Marco Berrettini plonge dans la danse en remportant le championnat allemand de danse disco en 1978. Formé à la LCDS puis à la Folkwangschule sous la direction de Hans Züllig et Pina Bausch, il crée la compagnie Tanzplantation (future *Melk Prod.) en 1986. Aujourd’hui auteur de plus d’une trentaine de créations spectacles, son travail va de la performance à l’installation en passant par de nombreuses collaborations artistiques.

c_Marie Magnin

Ruth Childs

fantasia

Sa première création The Goldfish and the Inner Tube était une exploration explosive incluant matières, son et corps. Pour fantasia, elle recentre le champ de recherche au corps et à sa musicalité. Un plongeon dans les couches intimes de ses souvenirs physiques et émotionnels déclenchés par la musique classique qu’elle écoutait enfant.
Entrant dans un espace vide, une chambre blanche, elle convoque, joue, dialogue, incarne et lutte avec ces réminiscences musicales, utilisant de la couleur pour les ponctuer, les organiser dans un autoportrait abstrait. Son corps se transforme en écran de projection, figure humaine, créature, corps musical ou simple vibration.

 

Danseuse et chorégraphe anglo-américaine, Ruth Childs s’installe à Genève en 2003 pour rejoindre le Ballet Junior. Elle travaille ensuite avec de nombreux chorégraphes, dont Foofwa d’Imobilité, La Ribot, Gilles Jobin, Marco Berrettini et Yasmine Hugonnet, et fonde sa compagnie Scarlett’s en 2014. Depuis 2015, elle réalise également un projet de re-création des premières pièces de sa tante, Lucinda Childs. En 2018, elle crée sa première pièce scénique The Goldfish and the Inner Tube en collaboration avec Stéphane Vecchione.

c John Hogg

Skree Wolf / Rudi van der Merwe

Lovers, Dogs and Rainbows

Film-spectacle documentaire, Lovers, Dogs and Rainbows est une plongée saisissante dans l’enfance afrikaner de Rudi van der Merwe. Entre les souvenirs de chacun·e, la terre brûlée par le soleil, les chiens et les moutons qu’on élève, qu’on tond et qu’on tue, une réalité socio-politique se dessine: celle des dernières années de l’apartheid où le quotidien de celui ou celle né·e pauvre, noir·e, homosexuel·le ou simplement plus faible que son voisin alterne entre violence et mensonges. Au son de musiques pop, baroques et électro, et des consonances de l’afrikaans – langue héritée des colons hollandais – c’est un spectacle queer, fort, touchant, rare, sincère et beau qui interroge les racines, l’héritage et l’identité. Et comment imbriquer tout cela pour (s’)ouvrir un chemin où pourront coexister ces différentes formes de vie, de culture et de genre.

 

Originaire d’Afrique du Sud, Rudi van der Merwe a étudié le théâtre et les lettres modernes aux Universités de Stellenbosch et de Strasbourg, avant de participer au ex.e.r.ce du CNN de Montpellier. Depuis 2004, il a travaillé notamment pour Gilles Jobin, Cindy van Acker et Perrine Valli, et collaboré avec József Trefeli, Marie-Caroline Hominal et Béatrice Graf. Auteur lui-même de cinq créations, il est aussi diplômé en post-production et en cinéma.

©HetaMultanen

Tabea Martin

Forever

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants... Forever de Tabea Martin, une pièce pour adultes et enfants à partir de 8 ans, questionne l’immortalité et la vie éternelle. Peu importe combien de fois l’on provoque sa propre mort ou contribue à celle d’un tiers, dans cet espace d’éternité, le dernier souffle n’existe pas et jamais le sang ne macule définitivement le blanc éclatant des vêtements. Munis d’un bidon de larmes et d’un bidon de sang, cinq personnages cherchent à comprendre si cet état indéfini, à mi-chemin entre la vie et la mort, est enviable ou s’il ne serait pas tout de même préférable de mourir. Le thème a été traité avec des enfants par le biais d’interviews, de jeux et d’ateliers. Aux côtés de This is my last dance (Swiss Dance Days 2019), et de Nothing Left (2020), cette pièce constitue la deuxième partie de la trilogie que Martin consacre au thème de l’évanescence.

 

La Bâloise Tabea Martin a étudié à l’Académie des beaux-arts d’Amsterdam, à la SNDO ainsi qu’à la Rotterdamse Dansacademie. Aujourd’hui, la lauréate en 2016 du Prix de la danse du canton de Bâle-Campagne travaille comme chorégraphe et crée pour divers théâtres et opéras en Suisse et à l’étranger. Elle considère l’être humain et la danse comme des outils permettant d’interpréter le monde à travers des paradigmes de forme et d’esthétique. Sa pièce pour jeune public Pink for Girls & Blue for Boys (2016) est présentée à travers toute l’Europe.

©ramon.königshausen

Teresa Vittucci with Colin Self

DOOM

Dans DOOM, Teresa Vittucci explore, en collaboration avec Colin Self, l’origine de l’image de la femme, telle que la représente la Genèse et la mythologie grecque : Ève et Pandore. Après HATE ME, TENDER, pièce récompensée par de nombreux prix, elle éclaire dans la deuxième partie de sa trilogie praise of vulnerability ces deux personnages féminins en adoptant une perspective critique, queer et féministe. 

Les récits relatifs à Ève et à Pandore, ainsi que les attributions de rôles qui en découlent, ont été et sont décisifs pour la place de la femme dans toutes les sociétés judéo-chrétiennes et abrahamiques. Dans une exploration poétique, Vittucci et Self se plongent dans le domaine de la connaissance ignorante. Qu’est-ce qui est violé lorsque la curiosité féminine se porte sur une structure patriarcale et quel risque se cache dans la décision d’ouvrir les yeux envers et contre tout?

 

Viennoise d’origine, Teresa Vittucci vit et travaille à Zurich. Sa pratique ancrée dans la danse contemporaine et la performance sonde la culture pop, l’histoire et la religion en adoptant des perspectives féministes et queers. Elle travaille aussi bien seule qu’en collaboration avec d’autres artistes. C’est ainsi qu’ont vu le jour des pièces avec Simone Aughterlony, Nils A. Lange, MJ Wolf, Michael Turinsky et Colin Self. Teresa a été récompensée par le Prix suisse de la danse pour sa pièce HATE ME, TENDER et est Young Associate Artist de la Tanzhaus Zürich.